Groupe Les élus socialistes et progressistes

Stop à la pauvreté !
« Avec 2 à 9 euros de reste à vivre par jour et par personne, qui serait en capacité de boucler son budget ? » Voilà la question cruciale que pose le Secours catholique dans son rapport sur l’état de la pauvreté en France paru en novembre 2020. En 2019, cette association a accueilli 1,4 million de personnes en situation de pauvreté dont le revenu médian est de 537 euros par mois, soit largement en dessous du seuil de grande pauvreté fixé par l’Insee à 715 euros par personne. Avant la crise sanitaire, la France comptait 9,3 millions de personnes pauvres. Les premiers chiffres parus depuis le début de la pandémie indiqueraient qu’un million de personnes supplémentaires auraient basculé dans la pauvreté.
Pour compléter ce révoltant état des lieux, ce sont 8 millions de personnes qui ont dû faire appel ces derniers mois à l’aide alimentaire pour ne pas avoir faim ! En cette fin d’année 2020, les chiffres de la pauvreté, qu’il faut à tout prix endiguer, ne sont pourtant que les prémices d’une crise sociale qui devrait atteindre des niveaux inégalés depuis la dernière guerre mondiale.
Cette situation injuste et inacceptable est, hélas, celle de nombreux Nanterriens ! Évidemment, la ville de Nanterre, solidaire comme toujours, accentue ses actions au quotidien en faveur de nos concitoyens fragilisés par la crise. Cette mobilisation, nous la menons avec et grâce à la détermination du tissu associatif nanterrien et, en tout premier lieu, les associations à caractère social. Dès mars 2020, elles ont été là, « fidèles au poste », faisant preuve de combativité, de générosité, d’inventivité malgré le confinement, pour venir en aide aux plus démunis. Elles ont, durant ces périodes de confinement, assuré l’accès aux biens de première nécessité, favorisé l’accompagnement à la scolarité et maintenu l’indispensable cohésion sociale dans nos quartiers. Pour tout cela, nous leur exprimons notre gratitude.
Aujourd’hui, alors que les besoins explosent, le monde associatif subit une forte baisse des dons. À Nanterre, le tissu associatif peut compter sur notre détermination pour maintenir notre soutien financier malgré un contexte budgétaire municipal contraint. Cependant, ces efforts ne suffiront pas pour répondre à cette détresse sociale. Le gouvernement doit entendre les associations caritatives qui préconisent la mise en place d’un revenu permettant de vivre décemment et le relèvement des minima sociaux. Il est également temps de mettre en place un « revenu de base » universel, véritable outil pragmatique pour lutter contre la pauvreté.
Par ailleurs, nos quartiers populaires, plus particulièrement touchés par l’augmentation de la pauvreté, doivent pouvoir bénéficier de mesures fortes et ne peuvent pas être les grands oubliés du plan de relance. C’est d’ailleurs le sens de la lettre adressée au président de la République signée par une centaine de maires de gauche, dont le nôtre. Dans leur contribution, ils demandent que 1 % des 100 milliards d’euros prévus dans le cadre du plan de relance soit dédié à ces territoires.
Enfin, en cette période d’incertitude, voire de détresse, nous voulons conserver l’espoir de jours meilleurs. Aussi, nous vous présentons en ce début d’année, nos meilleurs vœux. Que 2021 nous donne une formidable énergie pour résister et se réinventer !
Thérèse Ngimbous Batjôm