Votre élu Thierry Denois, conseiller municipal délégué à l’emploi et à l’insertion
Propos recueillis par Olivier Ruiz
Quelle est la situation de l’emploi à Nanterre ?
Thierry Denois : Bien avant la crise sanitaire, nous constations une discordance entre une offre d’emploi à haute visibilité essentiellement tertiaire et le niveau de qualification d’une majorité de demandeurs. La crise sanitaire a suspendu nombre de recrutements.
Comment se fera la reprise et comment en faire profiter les habitants ?
T. D. : Depuis longtemps la ville maintient son effort pour l’emploi. Elle y a consacré 1,3 million d’euros en 2020, notamment par le financement du contrat nanterrien de réussite, du contrat de ville et, surtout, d’une grande partie de la Maison de l’emploi et de la formation (MEF). Celle-ci est l’outil majeur de notre action. Elle reçoit plus de 3 000 personnes par an et parvient, avec l’ensemble des dispositifs (Plie, mission locale, espace insertion…) à en placer plus de 2 000 en emploi ou formation qualifiante. Il faut le rappeler : la mise en relation entre offres et demandeurs d’emploi est de la compétence de l’État. Pour les gens qui sont prêts à être employés, Pôle emploi fait un travail formidable ici à Nanterre. Pour ceux qui ont besoin d’un accompagnement dans la durée, nous intervenons, aux côtés de nombreux autres acteurs et associations pour l’emploi. La MEF doit donc être pérennisée et confortée. Tout le monde est prêt à accueillir plus de demandes si les crédits nécessaires sont là.
Où devront porter les efforts pendant les années à venir ?
T. D. : Nous devons lutter contre le décrochage scolaire. Trop de jeunes sortent du système éducatif sans diplômes ou avec des diplômes difficilement valorisables sur le marché du travail. En relais du centre d’information et d’orientation (CIO), la structure information jeunesse (SIJ) municipale doit être renforcée. Il y a de nombreux secteurs d’activité à Nanterre – transport, logistique, automobile, bâtiment, services... – et de nombreux donneurs d’ordre de premier plan. C’est une chance mais il faut les faire connaître. Les jeunes ont des difficultés à se projeter dans les métiers qu’ils ne connaissent pas. Le lien entre jeunes et entreprises, nous avons intérêt à l’améliorer localement. À travers les clauses qui fournissent des heures d’insertion, nous impliquons les sociétés dans le territoire mais nous pouvons aller plus loin. Nous cherchons à diversifier les bénéficiaires des clauses d’insertion. Nous cherchons aussi à multiplier les opportunités d’échange entre entreprises, établissements d’enseignement et acteurs du territoire. Nous nous efforçons aussi d’amener vers des dispositifs d’accès à l’emploi des publics dit « invisibles », qui ne se manifestent pas d’eux-mêmes.
Il y a donc de bonnes raisons d’être optimistes ?
T. D. : Oui, Nanterre est une ville dynamique et cela doit bénéficier à tous ses habitants. Notre territoire a beaucoup d’atouts, de potentiel. Les outils sont là et la volonté politique forte. Nous créons ce mois-ci le comité de l’emploi pour mieux coordonner tous les acteurs : de Pôle emploi aux salles ressources dans les quartiers en passant par les associations. Dans un avenir un peu plus lointain, nous aurons besoin d’outils prospectifs afin de savoir quels métiers vont disparaître et lesquels vont émerger. C’est la réalité du travail. Il faut former à l’agilité, à l’adaptation aux changements. On doit construire des réponses collectives et évolutives en sortant des cases et des parcours formatés.