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Éducation / culture

Sexisme et théâtre au collège André-Doucet

Par Catherine Portaluppi

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Réfléchir sur la société, et en particulier sur l’égalité fille-garçon, grâce au théâtre, tel est l’objectif du projet mené par une jeune compagnie auprès de collégiens, dans le cadre du festival étudiant Les Marmites artistiques.

Le sexisme vis-à-vis des hommes existe-t-il ? « Non ! s’exclament les filles. Jamais une fille n’insulte. » « Oui ! protestent quelques garçons. En sport, elles ont un barème plus facile, alors le sexisme, c’est quand ça les arrange ! » Ce mercredi 31 mars, dans la grande salle de ce collège du Chemin-de-l’Île, élèves de 4e et jeunes actrices de la compagnie La Grande Décision discutent avec passion d’égalité, de respect, de consentement.

Plurielles : numérique mais pas que
Petit retour en arrière. Tous les ans, les étudiants en master 2 Conduite de projets culturels à l’université Paris-Nanterre organisent à la fac le festival Les Marmites artistiques. Après l’annulation de l’an dernier, les 17 étudiants concernés ont monté cette année une 16e édition pluridisciplinaire entièrement consacrée aux femmes artistes. Une édition nommée Plurielles, presque entièrement numérique (crise sanitaire oblige), excepté entre autres ce partenariat avec le collège André-Doucet, qui a répondu présent à la sollicitation de la compagnie en février dernier :« À cause du confinement, notre dernière sortie au théâtre date d’octobre dernier, explique Pascale Petit, principale du collège. Alors nous avons saisi immédiatement cette opportunité, puisque le théâtre venait à nous ! » « L’égalité fille-garçon est un thème qui nous intéresse beaucoup. En 4e, nous la traitons seulement en vie de classe, poursuit Marion Langevin, professeure de français co-responsable du projet. C’est toujours intéressant de réfléchir via un biais artistique. Certains élèves connaissent bien ce sujet, d’autres s’en désintéressent complètement. De plus, ce travail théâtral permet de développer la confiance en soi, de prendre la parole devant les autres, ce qui est moins évident pour les filles. Ça a été une super expérience ! »

Ateliers, impro, représentation, quand l’art vient aux élèves…
Les quatre jeunes actrices ont en effet organisé un premier atelier dans chacune des six classes participantes. Au programme : discussion autour du thème, improvisation, réalisation de tableaux vivants. Vient ensuite la représentation théâtrale proprement dite, un extrait de leur pièce, Pastime Paradise, qui raconte la vie et les mésaventures d’aspirantes comédiennes, « une jeunesse, essentiellement féminine, qui interroge sa condition, passée et à venir »
Mais le principal objectif des jeunes actrices est de mener avec les collégiens une expérience de théâtre forum, cette forme interactive qui est « une première forme de lutte sociale, une prise de conscience et un début de changement de rapport de force », comme elles l’expliquent aux élèves. Et la prise de conscience ne se réalise pas forcément où on l’attend… Ainsi, la première question posée après le spectacle aux comédiennes, par une collégienne : « Pourquoi vous avez des poils ? » [sous les bras]. L’occasion pour les jeunes actrices de rappeler que tous les adultes, hommes et femmes, ont des poils et que c’est le choix de chacun, chacune de les épiler ou pas.