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Combat démocratique

Ramy Shaath, un citoyen d’honneur privé de liberté

Par Isabelle Fruchard

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La ville s’associe à la mobilisation pour la libération de Ramy Shaath, détenu de manière totalement arbitraire et abusive dans une prison égyptienne depuis juillet 2019, et lui confère le titre de Citoyen d’honneur.

Le conseil municipal du 9 février a adopté à l’unanimité un vœu attribuant le titre de Citoyen d’honneur à Ramy Shaath, emprisonné dans les geôles égyptiennes depuis dix-neuf mois. Ce militant des droits humains d’origine égyptienne et palestinienne est lié à Nanterre par son épouse, Céline Lebrun-Shaath, qui y a longtemps vécu et y réside actuellement. Tous deux s’y sont mariés en août 2018. En décembre 2020, Céline a été reçue par le maire de Nanterre, Patrick Jarry, et a sollicité le soutien de la ville dans son combat pour la libération de son mari. Un combat qui suscite une large mobilisation internationale. Arrêté dans la nuit du 5 juillet 2019 à son domicile du Caire, maintenu en détention préventive sans perspective de procès, cet homme de 49 ans est l’une des figures du Printemps arabe et de la révolution de la place Tahrir de 2011. « Depuis cette date, les autorités égyptiennes tentent de le mettre au pas en fabriquant à son encontre des accusations qui se révèlent sans fondement, comme l’a démontré une commission de l’organisation des Nations unies, s’est indignée Nadège Magnon, conseillère municipale déléguée à la lutte contre les discriminations, qui a présenté le vœu aux élus municipaux. Son maintien en détention n’est pas acceptable. Son combat pour la démocratie, les droits humains en Égypte, la reconnaissance des droits du peuple palestinien est juste. Il est en adéquation avec les valeurs d’émancipation humaine portées par la ville de Nanterre. Pour toutes ces raisons, le conseil municipal demande aux autorités égyptiennes de libérer sans délai notre concitoyen et émet le vœu que les autorités françaises se mobilisent activement pour la libération de Ramy Shaath. » Céline Lebrun-Shaath, qui a été expulsée en France au moment de l’arrestation de son mari, s’inquiète des conditions de détention désastreuses avec 13 codétenus dans une cellule de 15 m2, et du manque de communication avec lui. La veille du conseil municipal, le 8 février, elle a enfin obtenu l’autorisation d’aller en Égypte pendant une semaine et de lui rendre visite. Le 10 février, une audience en appel a été accordée à l’avocat de Ramy Shaath qui conteste la décision d’inscrire son client sur la liste égyptienne des « individus et entités terroristes ». De petites lueurs d’humanité qui renforcent encore la détermination à obtenir justice.