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Nanterre et Pikine liées par les mêmes défis

Par Olivier Ruiz

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Depuis une dizaine d’années, les échanges entre Pikine, l’une des plus grandes villes du Sénégal, et Nanterre enrichissent les deux cités et leurs habitants. La récente visite d’une délégation a une nouvelle fois permis de le constater.

« Je suis en France depuis quatre ans et je suis apprenti boulanger », expliquait fin septembre un jeune Ivoirien du foyer des jeunes travailleurs du Mont-Valérien. « Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école dans mon pays. Aujourd’hui, je veux donner à d’autres la chance que j’ai eue. » Avec une dizaine d’autres résidents, il est engagé dans un projet de rénovation d’école à Pikine, ville de banlieue de Dakar, capitale du Sénégal. Ces mots il les a prononcés pour Abdoulaye Thimbo, le maire qui a usé ses fonds de culotte sur les bancs de l’école concernée. « Je crois que le savoir donne un sens pour mieux vivre et je préfère aller récolter des fonds pour que d’autres apprennent plutôt que de prendre du temps pour moi », confiait un autre jeune acteur du projet solidaire. Le temps d’une soirée avec la communauté pikinoise de Nanterre, réunissant autour de 80 personnes, les quatre membres de la délégation ont également pu constater combien les liens étaient vivants entre les deux populations. L’élu sénégalais a même retrouvé un ami d’enfance perdu de vue depuis plusieurs décennies.

Ces échanges se placent, par exemple, dans la suite de l’action menée par la ville en lien avec l’association locale Espoirs. Au bout, une école rénovée, une salle informatique et une bibliothèque qui est devenue la seconde du pays après celle de l’université de Dakar.

Congrès du FALP à Pikine

Mais au-delà de cette coopération et de cette solidarité, les deux maires sont engagés dans le Forum des villes de périphéries (FALP, présidé par le maire de Nanterre, Patrick Jarry) au sein de l’organisation mondiale Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Ce réseau se penche sur les défis à venir pour les villes de banlieues. Quel que soit l’endroit dans le monde, elles sont confrontées à des problématiques similaires. À l’horizon 2050, selon les prévisions de l’ONU, 70 % de la population vivra en zone urbaine et ces cités périphériques en sont les portes d’entrée. On mesure donc les enjeux des questions autour du développement urbain et bien entendu de l’écologie pour mettre en place les objectifs de développement durable de l’ONU. Pour continuer d’y réfléchir et d’avancer sur ces questions, le FALP se réunira en congrès en mai 2020 à Pikine. Cet événement rassemblera plus de 130 collectivités venues des quatre coins du monde. « Nous sommes venus pour préparer cette rencontre. L’expérience de Nanterre en la matière est très importante, expliquait Abdoulaye Thimbo, qui découvrait la Fête de la vie associative. Cette dimension d’entraide est très importante. C’est l’essence même de ce réseau. Nous avons beaucoup à nous apporter les uns les autres. »