Nanterre info - AVRIL-MAI 2020 SPÉCIAL COVID-19

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Au Rajpoot, préparation de repas pour les soignants de l’hôpital.

Les commerçants se mobilisent

Dessine-moi la solidarité à Nanterre. Il s’agit du titre de l’opération lancée le 8 avril par le magasin Biocoop du centre-ville. Contre chaque dessin réalisé par un enfant de 4 à 10 ans, l’enseigne s’engage à verser 5 euros de dons au Cash.
« On a voulu associer les plus jeunes au bel élan de solidarité qui existe en ce moment, explique Mathieu Richomme, l’un des gérants. On en a reçu déjà des dizaines ! » Une action qui fait suite à un premier don de produits d’hygiène par l’enseigne au centre d’accueil des sans-abris du Cash. L’Intermarché aussi s’est engagé début avril en apportant 1 500 euros de produits d’hygiène (brosses à dent, dentifrices, protections hygiéniques) à l’hôpital : « Un petit coup de main pour aider ceux dont on ne parle jamais, les invisibles », selon Cyril Trublard, gérant du magasin. Même engagement du côté du chef du restaurant Cabane : Jean-François Bury participe à l’opération Les Chefs avec les soignants, qui offre des bons repas aux soignants. « Métro me donne les denrées, je cuisine les repas, répartis dans des contenants fournis par la société Tip Toque et ensuite livrés aux hôpitaux. »

Cabane a déjà fourni 300 repas chauds.

De son côté, Ahsan Arshad, le jeune propriétaire du restaurant indien et pakistanais Rajpoot a préparé 250 repas pour des soignants du Cash et d‘ailleurs. Il a aussi organisé une chaîne de solidarité pour distribuer des colis alimentaires remplis de riz, pâtes, lait, huile, confiture : « Les besoins sont énormes, certaines familles sont vraiment en difficulté. » Des associations comme Zy’va, Nanterre initiatives, mais aussi la sandwicherie GLaDalle, le Franprix de l’avenue du Maréchal-Joffre, le restaurant O’Tacos, le Point-Frais du Petit-Nanterre et la ville, qui prête une salle municipale, participent à cette action. Quelques jeunes s’occupent de la livraison. On peut les aider en apportant un paquet de pâtes ou un litre d’huile au Rajpoot.

Enfin, la solidarité, c’est parfois tout simplement de continuer à faire son travail, comme la boulangerie L’Atelier des pains aux Terrasses, qui a rouvert à la demande de la municipalité, le 8 avril. Pour Philippe Legroux, directeur de l’établissement : « C’est normal de répondre présent, je suis heureux de pouvoir rendre service aux habitants. »

● C.P.

Pour apporter des denrées à Rajpoot : tous les jours de 18h30 à 21h30 (79, avenue du Maréchal-Joffre)

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Les indispensables

Ils et elles répondent présent pour que Nanterre continue

Pour certains professionnels, le confinement a sonné la mise à l'arrêt de l'activité. Pour d'autres, au contraire, tout s'est accéléré. Qu'ils se placent dans la première ou la seconde catégorie, tous ceux que nous avons rencontré se sont démenés au service des autres.

Propos recueillis par Guillaume Gesret et Catherine Portaluppi

affiche Bintou Traoré, gardienne d’immeuble de l’office municipal HLM
« Je suis en charge de deux tours de 18 étages aux Champs-aux-Melles, je m’occupe de 228 logements en tout. Comme j’habite sur place, je suis encore plus à l’écoute des locataires depuis le début du confinement. Je connais bien les personnes seules et âgées. Je les appelle régulièrement au téléphone pour discuter car le confinement est une épreuve pour ces locataires. Je leur propose de faire des petites courses. Les locataires me sollicitent aussi en cas d’urgence. L’autre jour, j’ai appelé le plombier pour une fuite d’eau. Il m’arrive aussi d’apaiser des conflits de voisinage. Cette situation inédite crée des tensions, mais il y a aussi de belles choses. Le soir, tout le monde se met à sa fenêtre pour applaudir à 20h. C’est un moment de partage qui fait du bien. »



affiche Capitaine Mathieu de la caserne des sapeurs-pompiers
« Depuis le 12 mars, nous avons réalisé 196 interventions liées au Covid-19 à Nanterre. Nos équipes, parfaitement protégées avec masque, blouse et charlotte, évaluent les signes de détresse respiratoire et mesurent le taux d’oxygène dans le sang. Après avis d’un médecin, nous transportons, selon les cas, les gens à l’hôpital. Au début du confinement, nous avons reçu énormément d’appels. Comme nous sommes très exposés au virus, nous redoublons de vigilance quant au respect des gestes barrières. Nous désinfectons la caserne trois fois par jour et les camions après chaque sortie. C’est efficace, très peu de nos hommes ont présenté les symptômes. Néanmoins, la situation pèse psychologiquement sur nos équipes. Vous imaginez quand il faut faire dix sorties Covid-19 dans la journée. Le renfort des volontaires du service civique et des réservistes de l’armée nous a confortés. Comme nous pressentions que le confinement allait durer plusieurs semaines, nous avons changé notre organisation dès le départ. »



affiche Lina, caissière chez Leclerc
« Depuis le début de la crise, je me suis portée volontaire pour travailler davantage. Je suis étudiante en psychologie, donc plus disponible. D’un contrat de 15 heures, je suis passée à 21 heures par semaine. La direction du magasin nous a fourni des protections : d’abord la visière puis les masques, les gants, la plaque de plexiglas. Franchement, je ne me sens pas en danger, je suis sereine derrière ma caisse. À 20 ans, un âge qui me rend moins vulnérable, je ne me vois pas me défiler. Les Nanterriens ont besoin de faire leurs courses, il faut bien des caissières. D’ailleurs, beaucoup de clients se montrent très chaleureux. À 11h, chaque matin, un appel micro invite les clients à applaudir pendant une minute. Ça fait chaud au cœur. Cette reconnaissance compense les conditions de travail durant la crise. On a chaud avec le masque et on doit désinfecter notre caisse et le boîtier carte bleue toutes les 30 minutes. On entend parler d’une prime… on verra. »



affiche Laurette Lesigne, gérante du magasin de jouets La Cigale et La Fourmi
« Depuis le début du confinement, je tournais en rond. Je me rendais utile auprès de Florence Gallois, du magasin Day by Day. Avec Nicolas Le Rouzic, de chez Annick fleurs et Alexis Zaouk, de La Cave d’Alex, on l’aidait pour faire ses livraisons à domicile. J’ai aussi donné un coup de main, pour la livraison toujours, à Mon Épicerie, l’épicerie solidaire de Nanterre. Mais depuis le 15 avril, j’ai décidé de relancer mon commerce en ouvrant les commandes sur les réseaux sociaux et en livrant à domicile. Pendant les vacances scolaires, il faut occuper les enfants et ça a tout de suite fonctionné. Les gens demandent surtout des jeux de société et des livres, ils sont contents aussi de pouvoir offrir des cadeaux d’anniversaire à leurs enfants ! Et pour moi, c’est important d’aider les enfants à oublier un peu cette situation difficile. »



affiche Anne Hennecart, principale du collège Paul-Éluard
« Les professeurs se sont parfaitement saisis des outils numériques pour mobiliser les élèves dans les apprentissages. Dans toutes les matières, des séances de classe virtuelle sont proposées. Les élèves reçoivent un emploi du temps en début de semaine avec des liens pour participer aux différentes vidéoconférences. Durant les vacances, ils ont même pu bénéficier de soutien scolaire. De leur côté, les conseillers principaux d’éducation et l’assistante sociale du collège ont redoublé d’efforts pour établir le contact avec l’ensemble des familles et des élèves. Suite aux retours des uns et des autres, les équipes ont su s’adapter. Par exemple, nous imprimons les documents pour certains élèves qui en ont besoin. Ils viennent récupérer une pochette à leur nom devant la grille du collège. Cette crise révèle la solidarité des équipes. L’entraide entre les professeurs et l’administration est remarquable. »

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