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CONFÉRENCES

La société sous l’œil du psy

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Propos recueillis par Isabelle Fruchard

La place des femmes, l’hyperactivité, la montée du religieux… L’association Autant le dire organise un cycle de conférences sur des sujets de société intitulé Les mercredis de la psychanalyse. Les explications de Djamel Abssi, psychanalyste et cofondateur de l’association.

Vous mettez en place Les mercredis de la psychanalyse. De quoi s’agit-il ?

Djamel Abssi : Il s’agit de permettre à un public curieux de se faire une opinion sur un sujet de société en ajoutant aux points de vue habituels – sociologique, historique ou politique –, le regard d’un ou plusieurs psychanalystes. Précisons que ce n’est pas une approche qui se place au-dessus des autres, mais juste celle d’un intervenant dont le métier est l’écoute de personnes en souffrance, et qui sait entendre ce que fait l’inconscient.

Qu’est-ce que ce regard de psychanalyste apporte de plus sur des sujets de société ?

D. A. : Je vais donner un exemple. Il y a beaucoup de parents et d’enfants qui sont à un moment donné confrontés à un diagnostic d’hyperactivité avec tout ce qui s’ensuit : prise de médicaments, visites chez un psychiatre, etc. Nous, psychanalystes, disons qu’il faut faire attention et écouter un peu plus l’histoire de l’enfant plutôt que de se précipiter. Le discours scientifique ou présenté comme tel est rassurant et il y a une tendance ces dernières années à recourir à des solutions médicamenteuses. Or les médicaments, comme la ritaline prescrite contre les troubles de l’attention, sont loin d’être neutres.

La psychanalyse fait l’objet de critiques aujourd’hui. Ces conférences sont-elles une façon de la réhabiliter ?

D. A. : Notre activité est modeste et nous n’avons pas cette ambition ! Mais on est content si on peut contribuer à ce que la psychanalyse ait une meilleure place. Bien sûr, la psychologie cognitive apporte des connaissances, mais cela ne doit pas conduire à effacer le sujet. Il faut continuer à s’interroger sur ce qui a fait traumatisme, sur les symptômes, etc. La cure par le langage garde toute sa place.

Mais on est là au niveau individuel. En quoi la psychanalyse contribue-t-elle au débat de société ?

D. A. : En tant que regard sur le monde qui bouge. Freud, le père de la psychanalyse, s’est beaucoup intéressé à ce qui se passe dans nos sociétés, la guerre par exemple. Nos comportements humains, qui ne sont pas sans rapport avec notre inconscient, influent sur la société. Par exemple, concernant la place des femmes, qui est le thème de la troisième conférence, le point de vue psychanalytique permet de comprendre d’où viennent certains comportements vis-à-vis des femmes et surtout ce qu’on peut faire pour les corriger.

Ces conférences sont-elles accessibles à tous ?

D. A. : C’est ce que nous demandons aux analystes : faire entendre leur point de vue à un public certes curieux, mais pas du tout initié. Les concepts sont toujours expliqués et après la conférence, il y a un temps pour revenir sur ce qui a été dit, donner des références bibliographiques pour aller plus loin et surtout échanger.

Prochaines conférences :

« Hyperactifs !! enfants, adultes, réalité ou diagnostic de circonstance ? » avec Patrick Landman, le 8 janvier.

« La place des femmes, le féminin, évolution et permanence », conférence à deux voix avec Gorana Manenti et Gérard Pommier, le 26 février.

Salle des fêtes, 2, rue des Anciennes-Mairies à 20h30 (ouverture des portes à 20h). Tarif : 5 euros. Réservations conseillées au 06 61 86 54 97 ou à djamel.abssi@free.fr