Nanterre info - AVRIL-MAI 2020 SPÉCIAL COVID-19

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NI-Covid-p5-infirmiere2-vertical-credit-Claire-Macel.jpg Caroline Varin, infirmière, au domicile d’une patiente.
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Mohammed Meziane, responsable de la pharmacie Balzac

Propos recueillis par Guillaume Gesret

Les journées sont très différentes depuis le début de la crise sanitaire. Mon premier souci est d’offrir un service de qualité aux patients tout en préservant la santé de mes collaborateurs. Trois salariés ont été malades à ce jour. Je salue au passage le dévouement de mon équipe. Avec mes confrères pharmaciens de Nanterre, nous sommes en liaison pour nous assurer que les Nanterriens ont accès à une officine 7j/7 et 24h/24. Dans ces conditions exceptionnelles, il convient de trouver des solutions pour répondre aux besoins des patients. Par exemple, j’ai augmenté le nombre de livraisons à domicile pour apporter des médicaments aux personnes vulnérables. Toutefois, nous n’arrivons pas à satisfaire tout le monde. Chaque jour, des patients réclament des thermomètres mais nous sommes confrontés aux ruptures de stock. Pour le gel hydroalcoolique, heureusement que les autorités nous ont autorisés à le fabriquer car nos fournisseurs habituels étaient “à sec”. La plus grosse tension concerne évidemment les masques. La situation est kafkaïenne. La loi m’interdit de délivrer des masques, car l’État les a réquisitionnés par décret pour les personnels soignants. Les gens ne comprennent pas cette interdiction, certains me supplient de leur en donner quand ils présentent les symptômes du Covid-19. La situation est très angoissante pour tout le monde.

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La santé

Les soignants à domicile confrontés au Covid-19

Les infirmières qui témoignent ici sont en première ligne. Quotidiennement, elles font face aux craintes de leurs patients et de leurs proches.

Caroline Varin est infirmière libérale à Nanterre. Parmi les patients qu’elle accompagne à leur domicile, elle a constaté les symptômes du Covid-19 chez trois personnes. « Je les ai suivis sans pouvoir les tester. Aussi je n’avais pas de masques FFP2 quand j’allais chez eux au début du confinement. J’avais seulement un masque chirurgical, je n’étais pas sereine en rentrant chez moi au contact de mes enfants et de mon mari. » D’ailleurs, cette mère de famille a développé certains symptômes durant près de dix jours avant qu’ils ne disparaissent. Depuis le début du mois d’avril, Caroline Varin est équipée de masques FFP2 et se sent en forme. En plein pic de l’épidémie, elle a répondu à l’appel de ses collègues de l’hôpital de Nanterre. « Quand j’ai appris que le service accueillant les malades du Covid-19 avait besoin de renfort, je me suis portée volontaire pour effectuer des vacations. Je ne pouvais pas rester les bras croisés chez moi durant mes journées de repos en sachant que l’urgence était là. »

Élisabeth Évenas, infirmière scolaire au collège Jean-Perrin de Nanterre, a également refusé de rester chez elle. « Lorsque le collège a fermé, j’ai proposé mes services au SSIAD [service de soins infirmiers à domicile] de Nanterre pour assurer les visites aux personnes âgées. C’était un devoir pour moi de prêter main-forte. » Au cours de ses tournées, Élisabeth Évenas constate les difficultés des personnes âgées qui se retrouvent très isolées. « Les seniors souffrent de ne plus voir leur famille pendant le confinement. L’autre jour, j’ai aidé une dame à installer Skype sur son ordinateur. Comme cela, elle peut au moins “voir” sa fille tous les jours. »

Les infirmières du SSIAD sont depuis la mi-avril confrontées à des retours d’hospitalisation de personnes guéries du Covid-19. « Chez ces personnes, nous redoublons de vigilance car elles restent contagieuses. Nous sommes équipées de masque, de gants, de visière, de charlotte et de blouse », explique Justine Urain. Cette infirmière effectue ces visites délicates à la fin de sa tournée pour ne pas contaminer les autres patients. « Le climat est pesant et anxiogène, les patients sont inquiets et nos familles aussi. Quand je rentre chez moi, mon fils en bas âge sait qu’il ne peut plus me sauter dans les bras.

Je file à la salle de bains pour me doucher et je mets mes vêtements dans un sac avant de lancer une machine à laver. »

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