Nanterre info - AVRIL-MAI 2020 SPÉCIAL COVID-19

Archives

Mode d'emploi

Collapse

Uncollapse

NI-Covid-p4-luce-lengendre-credit-Claire-Macel.jpg

Sauvé hier, en première ligne aujourd’hui

Lors de sa visite au Cash fin mars, le maire, Patrick Jarry, a bien entendu félicité toutes les équipes soignantes et administratives pour le travail mené à bien. Et il a tenu à rappeler l’importance de l’établissement pour la ville et ses habitants : « Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, certains voulaient supprimer cet hôpital que nous avons réussi à sauver, et qui est aujourd’hui en première ligne face à la crise. »

Les précaires du Chapsa ne sont pas oubliés

L’accueil des personnes précaires s’est lui aussi adapté avec des mesures spécifiques dès le 18 mars, au lendemain du confinement, une première en Île-de-France. 48 lits ont été ouverts pour assurer le suivi médical des personnes sans-abri atteintes du Covid-19. Les bénévoles de la Croix-Rouge locale, qui connaissent bien les sans-abris, ont tout de suite mis en place des maraudes et des évaluations. Au sein du Chapsa, les mesures nécessaires pour éviter la propagation du virus ont été mises en œuvre.

Retour En avant

Santé

Faire face au Coronavirus : Luce Legendre, directrice de l’hôpital, raconte

En quelques jours, le Cash a su s’adapter à l’épidémie qui arrivait. Au prix d’intenses efforts, il continue d’évoluer.

En deux semaines, alors que la pandémie a surpris tout le monde, il a fallu transformer toute l’organisation des soins au sein de notre hôpital et c’est ce que nous avons réussi à faire », se félicitait la directrice du centre d’accueil et de soins hospitaliers (Cash), Luce Legendre. Une vraie gageure pour un établissement qui regroupe notamment un hôpital (urgences, consultations et hospitalisations de spécialités médicales), une maternité, des unités psychiatriques, le centre d’hébergement des personnes sans-abri (Chapsa) et un Ehpad de 120 places.

« Dans l’organisation régionale, nous sommes un établissement de niveau 2, donc mobilisé très rapidement après les établissements de niveau 1, lors de la deuxième phase de l’épidémie. Cela nous a donné quelques jours pour nous préparer mais sans rien connaître des caractéristiques de la maladie, son ampleur, son danger réel. C’était totalement inédit. En s’appuyant sur les retours d’expérience de Chine ou de la région Grand Est, en travaillant collectivement, nous avons décidé de spécialiser nos différentes unités. Nous avons tout de suite pris le parti de séparer les patients, touchés ou suspectés d’avoir le Covid-19 », expliquait, jointe par téléphone le 20 avril, la directrice. Rapidement, les soins prévus sont déprogrammés ou réorientés vers des cliniques pas encore mobilisées. « Nous avons terminé le vendredi et nous attendions les premiers cas au début de la semaine suivante. Ils sont arrivés dès le dimanche… Alors que la grippe saisonnière battait encore son plein avec des symptômes similaires, c’était une difficulté supplémentaire. Pour débuter, nous avions deux circuits : Covid ou non, pour éviter que les patients se croisent. Mais rapidement, nos services ont basculé complètement. En clair, nous avons arrêté nos missions habituelles pour nous consacrer pleinement aux malades du coronavirus. Nous sommes allés jusqu’à 71 lits de médecine dédiés, plus le service de soins continus de 10 lits, intermédiaire avant un éventuel transfert vers un service de réanimation dans un autre établissement hospitalier. Seule la maternité a pu continuer d’accueillir les futures mères, presque normalement en suivant des mesures de protections strictes. Au total, au pic de l’épidémie, 150 patients atteints du Covid étaient pris en charge par nos services. » L’orage passé, l’hôpital a trouvé le temps de se mettre au service du centre Covid organisé par la ville avec, par exemple, des créneaux d’accès au scanner pour confirmer le diagnostic ou, plus récemment, avec les quatre autres Ehpad de Nanterre, en créant un réseau de solidarité gériatrique. « Aujourd’hui, concluait Luce Legendre, le nombre de patients diminue mais les besoins en soins de suite et de réadaptation pour les malades qui sortent de réanimation augmentent fortement. On continue d’ajuster notre organisation, ce qui est un effort intense pour une grosse machine comme l’hôpital. » Dépistage, équipements de protections, malgré les précautions, les équipes ont payé un lourd tribut à la maladie. « Ceux qui sont encore là sont fatigués et pourtant, avec le déconfinement qui approche, l’activité habituelle va reprendre et, sans doute, une deuxième vague de Covid dont on ne connaît pas l’ampleur », regrettait Luce Legendre. « Nous avons un soutien exceptionnel de la population. C’est extrêmement important pour toutes les équipes, pour qu’elles tiennent dans la durée, encore plusieurs mois sans doute. Un repas, un dessin d’enfant, c’est essentiel. Ça fait un bien fou. » Pour elle, c’est « une évidence », le système de soin va vivre encore pendant longtemps en mode pandémie.

Orientez votre tablette horizontalement pour profiter des contenus enrichis.

logotest5.png Notre Emag ne prend pas en charge la lecture sur mobile pour le moment. Nous vous invitons à le consulter sur tablette ou ordinateur. Continuer tout de même