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Petit Nanterre

La belle aventure de Zy’va

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Propos recueillis par Guillaume Gesret

Ce samedi 15 juin, l’association Zy’va fête ses 25 ans avec tous les habitants au Petit-Nanterre. À l’occasion de cet anniversaire, le directeur de l’association, Mamadou Diallo, retrace l’histoire et précise la vocation de l’association.

Comment l’aventure de Zy’va a-t-elle commencé ?

Nous étions un groupe de copains, avec Hafid Rahmouni, Kamel Labed, Abdelwahab Rezzag etc… qui avions grandi aux Pâquerettes. À l’époque, au milieu des années 90, nous suivions nos études à la fac et notre idée était de proposer du soutien scolaire, de tendre la main aux petits du quartier. On a donné rendez-vous tous les soirs de la semaine aux enfants des Pâquerettes au LCR des Glycines. Rapidement, on s’est tourné vers les adolescents en organisant le raid aventure, puis la course de Zy’va… Les familles, à leur tour, se sont rapprochées de nous en fêtant Noël dès 1995 et en participant aux fêtes de quartier.

L’association s’est rapidement imposée comme un acteur incontournable dans le quartier du Petit-Nanterre ?

Tout le monde s’est pris au jeu, moi le premier, je passais tout mon temps à Zy’va. Les enfants et les adolescents venaient le soir, le mercredi après-midi et même le week-end. Petit à petit, on a organisé des sorties, des fêtes, des voyages à l’étranger, au ski et à la campagne. Grâce aux soutiens de la ville, du département, de l’État et d’autres, nous avons réussi à structurer l’association, à avoir plusieurs salles dans le quartier et à salarier une équipe. L’association a tissé des liens avec les services jeunesse et culturel de la ville, le club de prévention GAO, le centre social Valérie-Méot, les associations du quartier mais aussi avec les enseignants des écoles et du collège.

Aujourd’hui, quelle est la vocation de Zy’va ?

Notre objectif est de permettre la réussite éducative, cela passe par le soutien scolaire mais aussi par l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes déscolarisés, par l’ouverture à la culture et à la citoyenneté à travers des sorties et des débats. Chez nous, il n’y a pas de sujets tabous : religion, sexualité, politique, on peut tout dire à condition de respecter l’autre. Notre travail consiste également à soutenir les familles, surtout les plus précaires. Par exemple, Zy’va assure l’interface entre l’école et les parents quand une incompréhension persiste.

Quel message faites-vous passer aux jeunes du quartier ?

« Ouvre-toi au monde », « prends soin de toi » et « bouge-toi les fesses ». Chez nous, ce n’est pas la garderie, Zy’va est là pour accompagner les enfants et les adolescents, leur ouvrir l’horizon, les inviter à garder leur dignité et à réfléchir. Nous invitons régulièrement des personnalités pour engager des débats : Hubert Reeves, Edwy Plenel, Florence Aubenas, Mehdi Charef, Bernard-Henri Levy… seront venus chez nous. Nous avons également reçu des responsables politiques, de Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, en passant par Villepin, Bayrou, Peillon… Je précise au passage que Zy’va est une association apolitique, nous n’avons jamais « roulé » pour personne.

En 25 ans, vous avez le sentiment d’avoir atteint vos objectifs ?

Certains, pas tous. Nous sommes contents d’avoir dégoté des formations professionnelles à des jeunes qui travaillent aujourd’hui comme chauffeur de bus ou grutier. Nous sommes heureux d’avoir pu organiser des séjours solidaires en Afrique, à Cuba… Aussi, je suis ravi de voir Mourad Kateb, qui est devenu le président de l’association. J’ai connu Mourad quand il était tout petit. C’est chez nous qu’il a découvert le théâtre. Aujourd’hui, il présente des spectacles d’humour à Paris et le public est au rendez-vous. Après, tout n’est pas rose dans le quartier, les situations de pauvreté de certaines familles s’aggravent. Certains enfants n’ont jamais vu leurs parents aller au travail…