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Gossip girl

Par Guillaume Gesret

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Pendant les vacances scolaires, l’espace jeunesse du quartier Picasso organise plusieurs rencontres pour ouvrir les horizons des jeunes. Et cela peut commencer par une sortie dans un salon de coiffure.

À quelques mètres de la place de la Boule, la gérante du Gossip beauty center accueille neuf jeunes filles venues avec une animatrice de l’espace jeunesse. Ce salon est un cocon réservé aux femmes, propice aux conversations plus ou moins intimes. À l’abri des regards de la rue, certaines retirent leur voile pour être coiffées. Les adolescentes, âgées entre 11 et 15 ans, n’ont pas l’habitude de fréquenter cet espace de beauté et écoute attentivement la responsable du salon, Laila Messaouden, qui entre tout suite dans le vif du sujet. « Je travaille dans la coiffure depuis vingt ans, j’ai ouvert mon premier salon à 19 ans. Je vous raconte mon parcours pour que vous compreniez que quand on veut, on peut ». Le discours de Laila Messaouden délivre sans détour les messages qui lui tiennent à cœur : « Les filles, il faut être ambitieuse dans la vie et surtout ne vous mettez pas de barrières. C’est vrai que vous habitez dans une cité, et alors ? ».

« Joignons l’utile à l’agréable »

Les jeunes filles, collégiennes pour la plupart, semblent contentes d’entendre ces paroles d’encouragement. Imane, qui est en 3e au collège Victor-Hugo, est confortée dans son ambition. « Moi je vise haut, je veux devenir avocate, je me dis que c’est possible si je continue de bien travailler à l’école ». Sa copine, Ikram, ne se projette pas encore dans une vie professionnelle mais aujourd’hui, elle s’intéresse au métier de coiffeuse en questionnant les salariées du salon. « Je découvre un métier qui est plus dur qu’il n’y paraît. J’apprécie ce type de rencontre car cela nous incite à nous poser des questions sur notre avenir et à voir la réalité du monde du travail ». Au vu de son intérêt, la responsable du salon lui apprend à lisser les cheveux de sa copine qui a l’air ravie du résultat. « Joignons l’utile à l’agréable, nous dit Laila Messaouden. Cette rencontre est l’occasion de donner des conseils, de montrer des techniques mais aussi de les chouchouter. Les jeunes filles de leur âge ne viennent pas souvent dans un salon de coiffure ». Nejla, qui vient de se faire couper les pointes, le confirme en se regardant dans le miroir : « D’habitude, c’est ma tante qui me coupe les cheveux ».