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Handicap

Faciliter l’accès aux loisirs

Par Guillaume Gesret

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À Nanterre, les enfants autistes bénéficient de l’accompagnement de plusieurs associations qui défendent le principe de l’inclusion. Comme n’importe quel enfant de leur âge, ils ont accès à des ateliers artistiques et sportifs.

« Mon fils se construit des souvenirs d’enfance quand il apprend à nager à la piscine Maurice-Thorez ou quand il va au cinéma Les Lumières », nous dit Khadidja Bouadi, la mère de Mohamed, jeune autiste. Pour proposer des activités à son fils de 13 ans, cette maman se tourne vers les associations nanterriennes qui accompagnent les enfants autistes sur leur temps libre. La municipalité soutient en effet les structures engagées sur le front de l’autisme. « Nous signons des conventions avec les associations spécialisées dans le handicap pour que celles-ci puissent organiser, grâce aux subventions, des ateliers dans les équipements municipaux que nous mettons à leur disposition », explique Mérieme Faked, conseillère déléguée au handicap. L’association Culture H peut ainsi proposer chaque mois des ateliers de théâtre, de danse (notre photo), de cirque et de musique aux enfants. « Nous travaillons avec des acteurs nanterriens, comme l’association Mela Duende pour la danse et Les Noctambules pour le cirque », précise Camille Okio, la fondatrice de l’association Culture H. Pendant les ateliers, les enfants autistes évoluent avec des enfants « valides » afin qu’ils bénéficient des vertus de l’inclusion.

Une diversité d’activités sur le temps libre

L’inclusion est aussi un principe pour l’association Créative handicap, qui salarie deux personnes en service civique formées pour accompagner les enfants dans leurs activités sportives et culturelles. Chaque semaine, elles aident des enfants à pratiquer la natation, l’aïkido, des cours d’arts plastiques… Depuis peu, Créative handicap propose également des formations aux outils numériques. Une troisième association nanterrienne tend la main aux parents d’enfant autiste : les bénévoles de Parlez-moi d’autisme accompagnent les familles aux Lumières, dans le cadre du dispositif Ensemble au cinéma. Au début de la séance, le public est prévenu que des personnes en situation de handicap sont dans la salle et peuvent réagir au film. « Avant, je n’osais pas aller au cinéma en raison du handicap de mon fils, confie Khadidja Bouadi. À présent, aller au cinéma est un de nos plaisirs
partagés ! »

affiche Khadidja Bouadi, maman de Mohamed, garçon autiste de 13 ans.
Dans le cadre du budget participatif proposé par la municipalité, elle a pu financer la réalisation du documentaire _Faites-moi une place,_ réalisé par Tarik Ben Salah. Dans le film, les témoignages se croisent, démontrant les bienfaits de l’inclusion. On écoute la petite sœur de Mohamed, sa maman, sa maîtresse de l’école Romain-Rolland, les bénévoles des associations…

« Je suis heureuse de partager mon expérience. Je veux mettre la lumière sur tous les professionnels et les bénévoles qui accompagnent mon fils à Nanterre. Mohamed a la chance d’aller à l’école, au centre de loisirs, à la piscine, au cinéma, comme n’importe quel adolescent de son âge. Cela est possible grâce à des professeurs, des animateurs et des éducateurs qui font preuve de beaucoup d’humanité dans leur travail. J’espère que le film donnera de l’espoir aux parents qui ont un enfant autiste.»



Des conseils pour les parents

Une nouvelle association, Autis’mum, un monde pour Wassim, vient en aide aux parents d’enfants autistes qui rencontrent des difficultés lors de la constitution du dossier auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Je croise souvent des familles un peu perdues, qui ne connaissent ni les procédures administratives ni les structures capables de les aider », explique Latifa Sehb-Khil, la présidente de Autis’mum. Cette mère de trois enfants autistes connaît les rouages de l’administration et en dévoile les subtilités lors d’une permanence mensuelle : « Cette aide juridique est l’occasion de créer du lien avec les familles. Je connais bien les troubles du spectre de l’autisme et j’ai identifié les personnes capables d’accompagner les familles à Nanterre. Je peux donc les orienter vers des structures relais. »