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Culture

En prise avec la nature

Par Guillaume Gesret

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L’architecte urbaniste, Fanny Tassel, du Conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement des Hauts-de-Seine (CAUE 92) intervient dans des classes pour interroger les élèves sur leur rapport à la nature.

Au collège André-Doucet, la classe de 5e 3 attend avec impatience l’intervention de Fanny Tassel. L’animatrice du cycle « Silence ça pousse » est déjà venue à deux reprises les voir pour évoquer l’environnement naturel dans le quartier du Chemin-de-l’Île. Lors de la première rencontre, les élèves et l’architecte urbaniste du CAUE 92 ont effectué une balade dans les rues autour du collège. Leur but : photographier les coins de verdure. Tablette numérique en main, les collégiens ont pris des clichés de fleurs, de plantes et d’arbres dans leur diversité. Inès, 12 ans, a aimé l’exercice : « J’ai été surprise de voir autant de fleurs dans mon quartier, d’habitude je n’y fais pas attention. Pour moi, le Chemin-de-l’Île, ce sont avant tout des immeubles et du béton. »

Quels sentiments nous inspirent la nature ?
Durant les séances qui ont suivi la visite en extérieur, l’intervenante a demandé aux élèves de mettre des mots sur ce qu’ils ont observé. À quoi sert la végétation dans un quartier ? Qu’apporte-t-elle aux habitants ? Nail explique que ce sont autant d’îlots de fraicheur lors des canicules. Imane ajoute que la présence des fleurs et des arbres l’apaise et apporte de la beauté. Afin d’approfondir la relation des êtres humains à la flore, Fanny Tassel a distribué aux élèves des cartes postales, sur lesquelles figurent deux personnages en interaction. Sur l’une d’elles, un couple s’enlace ; sur une autre, des lutteurs se font face ; on voit aussi un petit garçon qui semble impressionné devant un homme à la carrure de rugbyman. Fanny demande ensuite : « À l’aide de l’application de retouche disponible sur vos tablettes numériques, vous allez détourer la silhouette de l’un des personnages, supprimer son image et incorporer à l’intérieur de la partie découpée vos photos de fleurs et de plantes. Comme cela, vous représenterez le sentiment de l’autre personnage à l’égard de la nature. Cela peut être de l’amour, de la peur, de la colère… » L’architecte nous explique que ce cycle a été imaginé en écho au spectacle Seconde nature (notre photo), de Fabrice Lambert, en résidence à la maison de la musique de Nanterre. Dans cette pièce – que n’ont malheureusement pas pu voir les élèves en raison du contexte sanitaire –, le chorégraphe se demande si le paysage est notre seconde nature. Cette réflexion guide le travail de ce cycle « Silence ça pousse », également proposé à l’institut médico-éducatif Balzac.

Image : spectacle Seconde nature, conception et chorégraphie de Fabrique Lambert.