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Anniversaire

Nanterre souffle les 50 bougies de Mai 68

Par Guillaume Gesret

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Il y a cinquante ans, les événements de Mai 68 secouaient notre pays. Pour rappeler l’héritage social et culturel de ce mouvement d’émancipation, plusieurs lieux de la ville organisent des rencontres, des débats, des expositions, des performances… à destination de tous les publics.

Le cinquantenaire de Mai 68 résonne tout particulièrement à Nanterre. C’est ici que tout a commencé, dans un amphithéâtre de la faculté, le 22 mars 1968. À cette date, les étudiants protestaient contre l’arrestation de leurs camarades qui luttaient contre la guerre du Vietnam. Suivront une grève généralisée marquée à Nanterre par l’occupation des usines Citroën, l’arrêt des cours au lycée Joliot-Curie et le plus grand mouvement social que la France ait connu depuis le Front Populaire. « Mais l’implication de Nanterre dans ce bel anniversaire n’a rien d’une commémoration, insiste Patrick Jarry, le maire. Par ses valeurs d’émancipation, son héritage social et culturel, Mai 68 nous parle. Il nous dit la capacité des femmes et des hommes à prendre en main leur destin, à bousculer ce monde quand il leur paraît injuste […] ; à imaginer un autre possible. » La rédaction du Nanterre info vous propose de rencontrer quelques-uns de ces protagonistes, en découvrant trois témoignages dans la rubrique ils font Nanterre de ce numéro. Ils démontrent à quel point chaque citoyen qui a vécu Mai 68 reste marqué par ces événements. Patrick Jarry ajoute : « Et si, aujourd’hui, des exigences comme l’égalité des droits des femmes et la transition écologique sont devenus des marqueurs d’une société de progrès qui reste à construire, c’est certainement à Mai 68 qu’on le doit. […] Nanterre continue d’écrire cette histoire d’émancipation humaine, à sa manière, à travers le projet d’une ville pour tous, solidaire, qui refuse le modèle dominant de l’exclusion. »

Que reste-t-il de Mai 68 ?
De mars à octobre, avec le mois de mai en point d’orgue, toute une série de rendez-vous est proposée dans différents lieux de la ville. Au théâtre Nanterre-Amandiers, le 14 mai, un débat rassemble le psychanalyste Gérard Miller, la sociologue Julie Pagis, l’historien Jean-Philippe Legois, la syndicaliste Sophie Binet, et l’étudiante et présidente de l’Unef Lilâ Le Bas. Ils échangeront autour de cette question : Que reste-t-il de Mai 68 ? Le cinéma Les Lumières consacre une rétrospective des films de cette époque tandis que l’université propose de revisiter les contestations de 1968, à travers le cinéma et la littérature. La faculté organise aussi un colloque les 23 et 24 mai sur « Le droit à la ville », en référence au livre de Henri Lefebvre paru en 1968. Le souvenir de Mai 68 nous conduit aussi à l’espace d’art La Terrasse qui expose, à partir du 25 mai, les œuvres réalisées par les écoliers inspirés par cette période historique, ainsi que le travail d’écriture de Barbara Manzetti avec des demandeurs d’asile. Le vendredi 18 mai, autre étape, cette fois à la maison de la musique qui nous fait revivre la bande sonore de Mai 68, en diffusant les chansons et les sons réels des manifestations et des discours de l’époque.


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