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La ville côté jardins

Par Isabelle Fruchard

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Nichés au cœur des quartiers, les jardins partagés rassemblent de plus en plus d’habitants avides de nature et de contact avec la terre.

Sur les hauteurs boisées du Mont-Valérien, le jardin partagé de l’association C’est si bio est un coin de nature préservée, un lieu d’expérimentation pour les jardiniers adeptes des techniques de permaculture. Pieds de vigne et amandier voisinent en toute harmonie avec le blé, les groseilliers et les plantes aromatiques. Les plants de légumes sont recouverts de paille et l’arrosage réduit au minimum. Au fond du jardin, les mésanges ont fait leur réapparition à la faveur d’un nichoir fait maison. Sabots aux pieds et petite fourche en main, Nathalie Buferne, la présidente de l’association, replante un pied de cornichon dans un coin plus ensoleillé : « Nous expérimentons chaque année de nouvelles pratiques, comme la couche chaude avec du fumier de cheval. » Effectivement, le résultat est là : dans une rangée de choux, ceux qui ont bénéficié de cet engrais naturel sont nettement plus gros que les autres… « C’est un lieu privilégié ici, ça me rappelle ma campagne. Et puis c’est convivial de jardiner et de récolter ensemble », commente Catherine qui prépare une salade de roquette, basilic et menthe pour le dîner décidé à l’improviste.

Un précurseur

Ouvert en 2004, le jardin de C’est si bio fait figure de précurseur dans la grande famille des jardins partagés. À la différence des jardins familiaux loués par des particuliers, les jardins partagés sont gérés et entretenus par une association. Présents dans presque tous les quartiers, ils ont le vent en poupe, notamment depuis un an grâce au budget participatif. Ainsi le jardin des Amandiers géré par l’amicale du même nom fait le bonheur de plusieurs locataires qui ont entrepris depuis le mois de juillet d’y planter aubergines, fraises et sauge. Dans le quartier République, le CRAF (Collectif des résidents Anatole-France) a ouvert cet été son 3e jardin en face de l’école Anatole-France grâce à l’initiative d’une habitante et à l’aide du budget participatif (voir colonne ci-contre). Dans le square de la Boule-Champs-Pierreux, la CNL (Confédération nationale du logement) a également relayé un projet qui devrait voir le jour cet automne. D’autres jardins sont en germe, comme celui de la cité des Provinces-Françaises attendu pour octobre ou novembre ou encore ceux de la terrasse 6 et de la résidence Saint-Just au Mont-Valérien. Avant de planter en pleine terre, des analyses sont systématiquement effectuées : bonne nouvelle pour les fidèles du jardin du Docteur-Pierre inauguré le 19 mai lors d’Ecozone, elles sont bonnes et leur terrain a été agrandi cet été.