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NATURE EN VILLE

Du vert sur nos toits

Par Isabelle Fruchard

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À Nanterre, la nature se développe aussi au-dessus des immeubles. Gros plan sur les bienfaits de la végétalisation des bâtiments.

Sur le toit de la future école Miriam-Makeba pousseront bientôt de la bruyère, des iris, des genévriers et autres arbustes décoratifs. Bacs végétaux et panneaux photovoltaïques formeront une sorte de damier que les habitants des immeubles alentour pourront admirer depuis leurs fenêtres. À un niveau inférieur, les enfants et leurs enseignants pourront accéder à une terrasse et jardiner dans des bacs mis à leur disposition. Dans un milieu urbain minéral, la végétalisation des toits-terrasses comporte de nombreux avantages. Outre le plaisir des yeux, elle permet de contenir les eaux de pluie et d’éviter le débordement des égouts, de réduire la pollution atmosphérique en fixant les particules dans l’air, de limiter les effets de la canicule et les îlots de chaleur en augmentant l’inertie thermique des bâtiments. Enfin, atout important, elle favorise la biodiversité en servant d’abri à de nombreux insectes. À Nanterre, cette démarche est encouragée dans les programmes neufs et certaines réhabilitations. Ainsi, le plan local d’urbanisme (PLU) adopté fin 2015 précise que les toitures-terrasses de toutes les constructions neuves doivent être végétalisées, ou servir de support pour des dispositifs d’énergies renouvelables lorsqu’elles ne sont pas destinées à accueillir des équipements à l’usage des occupants. C’est la mise en oeuvre concrète du plan climat de la ville pour réduire l’impact environnemental des bâtiments privés, parallèlement aux efforts qu’elle mène pour la transformation de son propre patrimoine. Parmi les équipements publics, le centre social et culturel P’arc en ciel, les groupes scolaires Lucie-Aubrac et des Pâquerettes, et le centre de loisirs Romain-Rolland sont pourvus de toitures végétales. Dans le secteur privé, l’ancienne usine Heudebert devenu siège social de l’entreprise GTM bâtiment, rue Henri-Barbusse, montre l’exemple avec une végétalisation reconstituant différents milieux naturels : sol sableux, tas de bois, mare, potager, etc. Il existe trois types de végétalisation : intensive, semi-intensive et extensive. Actuellement en cours de modification, le PLU va renforcer ses exigences en demandant aux promoteurs de ne prévoir que les deux premières, les plus propices à la biodiversité.

Notre photo : dans le quartier de La Boule, à l’angle des rues Jean-Jacques-Rousseau et Montesquieu, le projet Brickline 52 du promoteur Constructa prévoit une végétalisation de la toiture de ce nouvel immeuble de logements. Sa livraison est prévue en octobre 2020.