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Des musiques romantiques à l’électro

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Le pianiste Mikhaïl Rudy joue des récitals de musique classique dans le monde entier. Il nous dit en quoi le concert à la Maison de la musique de Nanterre sera unique.

Vous revenez à Nanterre le samedi 26 octobre, avec encore une fois, un projet imaginé spécialement pour ce lieu ?

La maison de la musique m’invite depuis une dizaine d’années à conduire des expériences innovantes en me confrontant à des formes d’art éloignées de la musique classique et à des artistes différents de moi. À Nanterre, j’ai déjà collaboré avec le comédien Denis Lavant, le musicien Jeff Mills… J’adore créer des ponts entre les univers artistiques, l’exercice me stimule. La transgression que je m’offre à Nanterre me donne une liberté immense quand je retourne vers les récitals « purs » de musique classique.

Cette fois-ci, vous collaborez avec le réalisateur Jacques Perconte dans la première partie du concert ?

J’ai rencontré Jacques Perconte à la Philharmonie de Paris quand il travaillait avec Jeff Mills. Il est comme un peintre impressionniste qui utilise les technologies digitales pour créer des images sublimes. Ses films sont des tableaux, Jacques Perconte est un pionnier, je n’ai jamais vu un tel travail. Je serai sur le plateau à ses côtés, tandis que je jouerai des œuvres romantiques : Satie, Debussy, Ravel, Chopin, Litz…, Jacques Perconte créera des images en direct. À la manière d’un DJ, il déforme ses images en fonction des musiques. Pour le dire autrement, nous proposons un récital augmenté par la performance cinématographique.

Le concert glisse, dans la deuxième partie, vers l’électro ?

Je serai sur scène avec DJ Agoria. Depuis je l’ai rencontré à New-York, on ne se quitte plus. Je l’aime beaucoup, car il est à la fois le roi du dancefloor à Ibiza et un artiste expérimental. Populaire et exigeant. C’est la première fois que nous présentons ce concert. Nous avons sélectionné des œuvres d’Arvo Part, de Philip Glass, de John Cage, de Bach que nous avons « remixé » ensemble avec des boucles, des rythmes. J’ai également invité le designer sonore Nicolas Becker qui ajoutera ses bruitages de la nature, d’oiseaux et de l’eau. Son travail très subtil a notamment été récompensé pour les films Gravity ou Premier contact.

Cette ouverture vers l’électro est une transgression jouissive pour un pianiste comme vous ?

Les artistes électro portent un nouveau regard sur les œuvres du XVIIIe , XIXe et XXe siècle. Ils arrivent à faire sortir le potentiel contemporain des répertoires. L’écoute du public du XXIe siècle a changé, nous n’avons pas les mêmes oreilles qu’il y a 100 ou 150 ans. Transgresser la musique classique est, selon moi, une déclaration d’amour pour ces œuvres. C’est le désir d’une expérience vivante qui me donne envie de proposer ce concert, je ne fais pas cela pour être original ou pour toucher un public plus large.

Samedi 26 octobre à la maison de la musique à 20h30. Tarif : de 5 à 25€.