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MÉMOIRE

Des collégiens conçoivent un livre hommage aux fusillés

Par Catherine Portaluppi

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Sur la colline de la mort, c’est le titre choisi par 26 élèves de 3e du collège des Chènevreux pour ce livre réalisé avec leur professeure de français. Un ouvrage rassemblant des lettres de résistants fusillés au Mont-Valérien durant la Seconde Guerre mondiale.

« Cher lecteur, laissez-vous emporter par l’émotion qui émane de ces quelques mots écrits sur le vif au seuil de la mort. » Cet extrait de la quatrième de couverture du livre conçu et réalisé par les collégiens des Chènevreux témoigne bien des sentiments qui les ont animés durant ce travail. « J’ai eu l’idée de ce projet en arrivant pour ma première année d’enseignement à Nanterre, quand je suis allée visiter le mémorial du Mont-Valérien où est évoqué le parcours des fusillés », explique Victoria Lassort, professeure de français tout juste agrégée. « En plus, la Résistance fait partie du programme de 3e en histoire. Réaliser un recueil de ces lettres permettait de travailler sur ce sujet avec distance, tout en respectant le devoir de mémoire. »

Une visite et un témoin déterminants

La première visite des élèves au mémorial du Mont-Valérien ne s’est pas très bien passée. « Ça confirmait la nécessité de parler de ce sujet, encore trop méconnu de certains élèves. » Pour Inès, 15 ans, ce moment a pourtant été très émouvant : « On a vu l’endroit où les résistants ont été fusillés et on a visité aussi la chapelle où ils attendaient avant d’être exécutés ; ils ont laissé des petits mots écrits sur les murs. Du coup, l’atmosphère est bizarre, très pesante. » Les collégiens sont définitivement convaincus par le projet à partir du moment où ils se plongent dans les lettres de fusillés (elles sont toutes accessibles sur internet). Chacun devait en choisir une et la retranscrire. « Elles sont bouleversantes », souligne Victoria Lassort. Mais ce qui a surtout marqué les élèves, c’est la rencontre avec l’un des destinataires de ces lettres, Georges Duffau-Epstein, fils de Joseph Epstein, qui avait à peine 3 ans lorsque son père a été fusillé. « Il était heureux et fier de son père, raconte Mathéo, 14 ans, il était tout petit pendant la guerre mais il se rappelle qu’il allait voir son père en secret, parce qu’il était caché. Ça m’a beaucoup intéressé. »

« Un vrai livre relié ! »

Juste avant le confinement, un éditeur vient rencontrer les élèves pour leur expliquer la chaîne de fabrication du livre et en particulier celle d’une couverture. Puis, pendant la crise sanitaire, les élèves proposent des dessins avec leur prof d’arts plastiques et rédigent les péritextes indispensable : la préface, le résumé de la quatrième de couverture, les remerciements. Résultat : « Un vrai livre relié ! » souligne Inès, très fière. « J’ai le livre dans ma chambre, confirme Mathéo. On dirait un vrai livre, il est bien fait, ça restera un bon souvenir. »

Sur la colline de la mort (PDF)