Nanterre info - 461 : Avril 2021

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NI461-p19-VDQ-ponthus-1.jpg Le 17 septembre dernier, la librairie El Ghorba mon amour recevait l’auteur de Nous… la Cité et À la ligne
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Nanterre se souvient de Baptiste…

Joseph Ponthus, écrivain et ancien éducateur à Nanterre, est décédé des suites d’un cancer foudroyant le 24 février dernier.

Il signait ses livres sous son nom d’auteur, Joseph Ponthus. Deux ouvrages écrits de l’intérieur : le premier sur la cité, le second sur l’usine. Dans notre ville, Joseph Ponthus était connu sous son vrai patronyme, Baptiste Cornet. Au tournant des années 2010, il exerçait le métier d’éducateur spécialisé à Nanterre. D’abord au sein du club de prévention Les 4 Chemins où il fit la connaissance de quatre jeunes du quartier du Chemin-de-l’Île. À l’issue de cinq années d’un atelier d’écriture, ils publièrent ensemble Nous… la Cité, aux éditions La Découverte. Rachid Ben Bella, Sylvain Érambert, Riadh Lakhéchène et Alexandre Philibert, guidés par leur éducateur qui était passé par hypokhâgne, se livrent ouvertement sur la prison, la religion, la cité, les « flics »… À la sortie du livre en 2012, Sylvain Érambert déclarait dans la presse : « On allait dans le local de Joseph, on voulait juste s’amuser. Quand j’étais petit, je lui ai dit qu’il ne me servait à rien. Mais on voit qu’il ne nous lâche pas, quoi qu’il arrive. Dès qu’il y a un problème, il est toujours là pour nous. » Quelques mois après la parution de Nous… la Cité, Aurélien Gary, ancien directeur de l’Action jeunesse pour la ville de Nanterre, a recruté Baptiste Cornet dans son service. « Il avait une empathie véritable, une capacité de dialogue étonnante. Baptiste n’avait pas la même culture que les jeunes de banlieue, ni le même look, ni la même façon de s’exprimer. Pourtant, les jeunes lui faisaient confiance. » Avec son double mètre, ses cheveux blonds et ses yeux bleus, ce fervent lecteur de Michel Foucault et d’Henri Calet accompagne alors les Nanterriens qui découvrent le contrat nanterrien de réussite fraîchement mis en place. Aurélien Gary se souvient que Baptiste avait aidé les jeunes à monter la guinguette au Chemin-de-l’Île et suivi, entre autres, un jeune sorti de prison dans son parcours vers le métier d’ambulancier. Puis en 2015, il quitte Nanterre pour suivre sa compagne en Bretagne. Là-bas, il écrit À la ligne-Feuillets d’usine, ouvrage dans lequel il raconte son expérience d’ouvrier. Un an après la parution du livre, un cancer généralisé lui est diagnostiqué. Il avait 42 ans et Nanterre pense à lui et à ses proches.

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