Nanterre info - 449 : Décembre 2019

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Sylvain Maurice

Metteur en scène et directeur du théâtre de Sartrouville, Sylvain Maurice est en outre spécialiste de l’adaptation de livres pour la scène. Il a déjà adapté Réparer les vivants de Maylis de Kerangal et les œuvres d’autres auteurs contemporains comme Laurent Binet ou Emmanuel Carrère. Dans L’Enfant inouï, il choisit l’album d’Oliver Jeffers, qu’il affectionne particulièrement : « Ce livre explique aux enfants que la lecture leur donne accès à la liberté et à l’émancipation. » Pour cette pièce, il a inventé une mise en scène qui devrait capter l’attention des plus jeunes. « Les projections vidéo servent de décor, elles jouent un rôle central en traduisant les pensées du garçonnet, personnage principal de l’histoire. »

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CULTURE

Un opéra à dévorer

Dans la pièce musicale L’Enfant inouï, une chanteuse soprano, accompagnée de trois musiciens de l’ensemble TM+, s’adresse aux jeunes oreilles.

Décrit comme un opéra jeune public, L’Enfant inouï est présenté en avant-première à la Maison de la musique ce mois-ci. Cette création met en scène une chanteuse entourée d’une flûtiste, d’un clarinettiste et d’un percussionniste qui passe du vibraphone à une myriade de petits instruments. Tous les quatre racontent l’histoire d’un petit garçon dévoreur de livres. Il les mange littéralement et, bien évidemment, devient très savant. Au commencement, tout va pour le mieux, le petit Henri semble s’épanouir. Mais son appétit livresque se transforme en boulimie et l’isole progressivement des autres enfants. Ce résumé vous rappelle quelque chose ? Vous avez reconnu L’extraordinaire garçon qui dévorait les livres, écrit par Oliver Jeffers, dont la pièce est librement inspirée.

Une création bicéphale

La musique est signée du compositeur Laurent Cuniot, que le public nanterrien connaît bien. En résidence à Nanterre depuis plus de vingt ans, le directeur de l’ensemble TM+ y a présenté de très nombreux spectacles. Ce chantre de la musique contemporaine s’ouvre ici au jeune public et s’applique à proposer un nouveau langage musical qui « parle aux jeunes oreilles ». « J’ouvre les horizons tout en ne manquant pas de proposer des repères aux enfants. La musique doit révéler et rendre sensible les dimensions poétiques, ludiques et burlesques de cette histoire symbolique. » Laurent Cuniot a choisi d’intégrer des sons électroniques
pour « traduire le trouble et jouer avec la frontière entre le réel et l’imaginaire. J’ai tenté de faire correspondre la musique aux différents registres de la pièce, tantôt onirique, tantôt fantastique. » Le compositeur a créé cette pièce musicale avec le metteur en scène et librettiste Sylvain Maurice, qui a adapté le livre d’Oliver Jeffers pour la scène. Il avait déjà croisé la route de Laurent Cuniot lors de la création du spectacle Désarmés, présenté en 2018 à Nanterre. « C’est très naturel de travailler ensemble, nous dit Sylvain Maurice. Notre collaboration est un vrai bonheur. » Dans L’Enfant inouï, Sylvain Maurice met en scène une chanteuse à la voix légère et saisissante, qui incarne à la fois le petit garçon et la narratrice. Grâce à un dispositif vidéo permettant des jeux d’échelle (les longues jambes du père, les yeux sévères de l’instituteur, les cheveux de la mère…), le metteur en scène plonge le public à l’intérieur de la subjectivité de l’enfant et réussit à illustrer les pouvoirs démesurés de son imaginaire.

Mercredi 11 décembre à 15h à la Maison de la musique (8, rue des Anciennes-Mairies)

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