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Chercheuses cherchent bébés rieurs

Par Catherine Portaluppi

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Faire rire des bébés pour savoir si l’humour favorise leurs apprentissages, c’est le joli thème du projet Emolearn mené par trois jeunes chercheuses à l’université Paris-Nanterre. Zoom sur leur travail à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, instituée le 11 février par l’Unesco et l’ONU-femmes.

Imaginez un bébé assis sur les genoux d’un de ses parents. Face à lui, un jouet hors de sa portée. Une chercheuse lui montre plusieurs fois comment l’attraper avec un râteau et lui donne le jouet pour qu’il s’en amuse. Environ un tiers des enfants arrivent spontanément à imiter cette utilisation du râteau à l’âge de 18 mois. Si la chercheuse ajoute un peu d’humour à l’expérience et jette le jouet par terre sans prévenir, ce geste va faire rire environ un bébé sur trois. Et parmi ces enfants rieurs, presque tous, cette fois, parviendront à imiter le geste pour ramener le jouet vers eux ! Des résultats obtenus par Lauriane Rat-Fisher, enseignante-chercheuse en neurosciences au babylab (*) de Paris-Nanterre, grâce à une étude menée sur une cinquantaine de bébés à l’occasion de sa thèse. Elle a entamé en janvier, et pour trois ans et demi, une étude plus approfondie sur 300 bébés avec deux autres chercheuses, Rana Esseily et Bahia Guellaï. Objectif : étudier des bambins de 12 à 20 mois au moyen de petites expériences pour tester l’importance de l’humour selon l’âge ; observer si les enfants rient plus quand l’étude a lieu chez eux ou si c’est leur mère qui fait la démonstration ; enfin, étudier les réponses physiologiques du bébé à la stimulation humoristique, grâce à un bracelet Bluetooth qui enregistre sa température cutanée et ses battements cardiaques. « Il existe des études sur l’appa rition du rire chez le bébé, et sur le moment où les bébés se mettent eux-mêmes à vouloir faire rire les autres. Mais curieusement, on n’avait jamais travaillé sur le rôle de l’humour dans l’apprentissage chez les bébés, explique Lauriane Rat-Fisher. Cette étude, financée par l’Agence nationale pour la recherche, permettra aussi de mieux connaître ce qui fait rire les bébés et comment les faire rire ! »

(*) Laboratoire où des chercheurs et des chercheuses en psychologie du développement étudient le comportement des bébés.

affiche Marie Théret, 38 ans, enseignante-chercheuse en mathématiques à l’université Paris-Nanterre
J’ai toujours été scientifique. En intégrant l’École normale supérieure, après mes classes prépa, j’ai hésité entre maths et physique. Les maths me plaisaient pour leur côté indiscutable mais j’avais peur que ce soit trop dur. Le nombre d’étudiantes était dramatiquement bas et, malheureusement, ça ne change pas. L’image du savant fou, solitaire, génie des maths fait du mal car les jeunes femmes manquent souvent de confiance en elles. À l’école, les filles sont plus valorisées pour leur travail, les garçons pour leurs capacités. Face au génie, le travail semble insuffisant. Oubliez ces idées reçues ! Ce métier est stimulant, équilibré et procure beaucoup d‘interactions. Je conseille vraiment aux filles qui en ont envie d’oser se lancer dans les sciences. Ayez confiance, vous pourrez vous épanouir et trouver votre place – même si les femmes deviennent moins souvent professeurs d’université que les hommes. Il reste du chemin à parcourir…



Lire notre interview de Marie Théret sur NANTERREINFO.FR