Nanterre info - 459 : Février 2021

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NI459-p14-15-dessins-1-et-2-credit-David-Babonneau--2.jpg Crédit image : David Babonneau

Construction de logements sociaux : trop de mauvais élèves

La principale cause du manque de logements sociaux dans le département est le non-respect par la majorité des communes de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Votée en 2000, cette loi impose aux villes un taux de 25 % de logements sociaux d’ici à 2025. Dans les Hauts-de-Seine, 21 villes sur 36 n’ont pas atteint ce taux. 7 seront même sanctionnées pour ne pas avoir fourni suffisamment d’effort pour rattraper leur retard. En décembre dernier, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de les sanctionner financièrement et veut même mettre la main sur la délivrance des permis de construire à Saint-Cloud. À la traîne et mises à l’amende, on trouve : Neuilly (6,4 % de logements sociaux au 1er janvier 2019) ; Ville d’Avray (12,4 %) ; Boulogne-Billancourt (14,8 %) ; Saint-Cloud (17,3 %) ; Bois-Colombes (17,9 %) ; Levallois-Perret (20,1 %).

Nanterre, à l’inverse, fait très largement sa part avec 52,3 % de logements sociaux.

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Logement

Il faut déconstruire... les idées reçues !

Face à la crise du logement en Île-de-France, à l'augmentation très forte des prix dans le privé et au non-respect des lois sur le pourcentage de logements sociaux construits par les municipalités, la ville de Nanterre rappelle les principes qui guident sa politique du logement.

Oui, trop de villes en Île-de-France sont hors la loi parce qu’elles ne construisent pas assez de logements sociaux (lire ci-contre). Non, connaître quelqu’un à la mairie ne permet pas d’obtenir plus vite un logement social. Non, appeler quotidiennement le service habitat ne permet pas d’obtenir plus vite un logement social. Oui, à la ville de Nanterre, le seul critère de l’ancienneté de la demande compte (*).
Mi-février, la ville lance une grande campagne de communication afin de clarifier les conditions d’attribution des logements sociaux ainsi que les responsabilités des autres parties prenantes (État, autres communes d’Île-de-France, conseil départemental…). Car ces idées reçues ont la vie dure et les élus, comme les agents de la ville, y sont confrontées de manière quotidienne.

La longueur du délai d’attente, la complexité des procédures, la peur que sa demande soit oubliée, des affaires de favoritisme dans d’autres villes exposées dans les médias, tout cela constitue en effet un terreau favorable à la propagation d’idées reçues et d’erreurs d’interprétation sur le traitement des demandes de logement. Par la campagne de communication qu’elle initie, la ville de Nanterre souhaite en démontrer les erreurs et ainsi exposer le plus clairement possible sa façon de gérer les demandes de logement qui lui sont adressées. La transparence est en effet une nécessité et ce, d’autant plus, en temps de crise du logement, dont les conséquences sont ressenties chaque jour par les Nanterriens.

6 000 ménages nanterriens sont actuellement inscrits comme demandeurs de logement social, parmi lesquels 3 000 premières demandes. Or, en moyenne, seuls 160 logements par an se libèrent sur le contingent de la ville (sur 1 100 attributions annuelles, le reste étant réservé par l’État, Action logement, le conseil départemental…) ! En outre, la loi Égalité et citoyenneté de 2017 a permis à l’État de reprendre la gestion de son contingent, autrefois confiée à la ville, pour le consacrer désormais aux publics prioritaires, notamment les Dalo. Tout ceci fait qu’en moyenne, pour les demandeurs inscrits auprès de la ville de Nanterre, il faut désormais attendre cinq ans pour recevoir une proposition de logement. Ce délai est très long, mais moindre que le délai moyen en Île-de-France qui frôle les dix ans. Car Nanterre, elle, continue de construire et de financer des logements sociaux. Elle y consacre plus d’un million d’euros chaque année. Il s’agit d’un effort important, qui n’est malheureusement pas suivi par la majorité des autres communes de la métropole, et qui explique en grande partie la pénurie actuelle et les trop longs délais d’attente.

(*) Deux exceptions seulement à cette règle : les personnes en situation de handicap nécessitant un logement adapté et les personnes concernées par une opération de relogement car leur immeuble va être démoli.

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