Nanterre info - 458 : Janvier 2021

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NI458-p12-dossier-ouverture.jpg Patrick Jarry, maire de Nanterre.
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Interview de Patrick Jarry

« Dites-nous, Monsieur le maire… »

Monsieur le maire, la nouvelle équipe municipale est installée depuis le 25 mai. Comment se déroulent ces premiers mois de mandat ?

La crise sanitaire a tout bouleversé. Nous avons été élus au 1er tour le 15 mars et dès le lendemain soir le confinement était décrété. Il a fallu affronter la phase la plus dure de l’épidémie en mars et avril, sans que la nouvelle équipe municipale soit en place. Mais nous avons fait face. Les services municipaux ont fait un travail magnifique. Du jour au lendemain, nous avons dû modifier nos organisations pour que la ville continue de fonctionner. Et s’il y a bien une leçon que nous pouvons tirer de cette crise sans précédent par sa soudaineté et son ampleur, c’est que le service public a été le premier bouclier de protection de la population. Beaucoup de Nanterriens nous l’ont dit.

Le virus a tué près de 60 000 personnes en France. Qu’en est-il à Nanterre ?

Nous n’avons pas été épargnés. Au 15 décembre, nous dénombrons 120 décès de plus qu’en 2019 et 2018, soit une augmentation de mortalité de 40 %, ce qui est comparable à ce que l’on observe dans les Hauts-de-Seine. Cela signifie beaucoup de familles endeuillées. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des drames humains. À la détresse de perdre un être cher, s’est ajouté le désarroi provoqué par des cérémonies funéraires réduites au strict minimum, ou par la difficulté de transférer des défunts vers le pays d’origine. Mais retenons aussi de ces drames que très souvent, ils ont donné lieu à de la solidarité. Des voisins se sont mobilisés pour ne pas laisser des familles isolées dans la peine. Pensons également à celles et ceux qui ont connu l’épreuve très difficile de la réanimation.

Quand la crise surgit brutalement le 16 mars, quelle est, à ce moment-là, votre priorité ?

La santé ! Protéger au maximum les Nanterriens. En 48 heures, nous avons installé un centre Covid-19 au Palais des sports. Les équipes médicales dirigées par le docteur Hélène Colombani ont fait un travail admirable. Chaque patient qui présentait les symptômes était suivi et orienté. Grâce à ce dispositif, plusieurs centaines de Nanterriens ont été pris en charge à temps. Nanterre est d’ailleurs la première ville du département à avoir mené une telle action. Et si nous avons pu le faire, c’est parce que nous disposons d’un service municipal de santé d’un très haut niveau. C’est un paradoxe quand on sait que la santé ne relève pas des communes. Mais à Nanterre, c’est historique. Cela remonte à avant la guerre. La municipalité de l’époque avait ouvert un centre de santé parce que c’était le seul moyen pour permettre aux plus démunis de se soigner. Et au fil du temps, c’est un domaine qui a été considérablement renforcé. Nous continuons d’écrire cette histoire en lançant la construction de la Maison de la santé dans le centre-ville, qui sera un très bel outil de santé publique. Cette réalisation a reçu un soutien de l’État de 1,7 million d’euros. Quelle belle reconnaissance !

Et dans les écoles, quelle a été votre action ?

Avec Jean-Pierre Bellier, mon adjoint en charge des écoles, notre priorité a été d’accueillir les enfants et l’ensemble des personnels dans des conditions sanitaires optimales. Nous ne le faisons pas seul. L’Éducation nationale est impliquée. Nous avons également tenu à maintenir la restauration et les activités périscolaires, ce qui est loin d’être le cas dans toutes les communes. Mais à Nanterre, c’était primordial. L’après-école fait partie du parcours éducatif. Pour garantir le respect du protocole sanitaire, nous avons investi 100 000 euros supplémentaires dans le recrutement de personnels d’entretien. Cette mobilisation se fait dans des conditions difficiles car le personnel communal n’est pas épargné par l’épidémie. En octobre et novembre, pas moins de 103 agents ont été contaminés et 267 considérés comme cas contact.

Aujourd’hui, ce sont les conséquences économiques et sociales de cette épidémie qui font l’actualité. Est-ce le cas à Nanterre ?

Bien sûr. Et comment pourrait-il en être autrement ? Le virus ne fait pas de distinction sociale, mais tout le monde n’est pas égal face à ses conséquences. Cette crise est d’une très grande brutalité pour celles et ceux qui étaient déjà dans des situations précaires. La montée du chômage à Nanterre le montre : 7 647 demandeurs d’emploi au 3e trimestre, soit une augmentation de 11,3 % en un an. Et chez les jeunes, c’est + 21,7 % en un an. Il faut imaginer les conséquences. Des gens ont dû se tourner vers l’aide alimentaire parce qu’ils n’avaient plus de quoi nourrir leur famille. De notre côté, nous avons augmenté de 150 % les aides sociales urgentes. Au plus fort de la crise, nous avons doublé le nombre de repas portés au domicile des personnes fragiles et âgées. Et nous avons annulé deux mois de factures de cantine et d’activités périscolaires pour plusieurs milliers de familles qui ont de faibles revenus. Nous soutenons également les associations en mettant à leur disposition des salles communales pour l’aide alimentaire.

Le début d’année devrait être consacré au déploiement du vaccin en plusieurs étapes. Nanterre s’y prépare ?

Une organisation est en train de se mettre en place avec les services, sous l’impulsion de notre élu à la santé, Didier Debord. Mais je peux déjà vous dire que les centres municipaux de santé et l’hôpital de Nanterre seront prêts. Selon un ordre de priorité défini par le gouvernement, les Nanterriens recevront de l’Assurance maladie une invitation à se faire vacciner.

Vous ferez-vous vacciner ?

Oui. Je sais que certains s’interrogent, hésitent, émettent des doutes. Ce que je constate, c’est que les spécialistes des maladies infectieuses, y compris ceux qui ont été très critiques sur la gestion de la crise par le gouvernement, se disent aujourd’hui rassurés par les publications qui accompagnent le vaccin acquis par la France et l’Europe. Je trouve que c’est rassurant. On ne peut pas vivre dans une éternelle méfiance. J’ai toujours pensé que le vaccin était le seul moyen d’en finir avec l’épidémie. La priorité absolue est d’empêcher le développement de la maladie. Je sais de quoi je parle. J’ai été contaminé et hospitalisé plusieurs jours. C’est pourquoi je me permets ce message aux Nanterriens : bien sûr chacun est libre, mais personnellement je me ferai vacciner, et j’incite les personnes ciblées à en faire autant.

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