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« L’émancipation passe par la désobéissance »

Par Guillaume Gesret

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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Maison de la musique programme la pièce de théâtre Désobéir. Sa metteure en scène, Julie Bérès, confirme la pertinence de cette programmation.

Votre spectacle Désobéir, créé en 2017, fait-il écho à la Journée internationale des droits des femmes ?

Julie Bérès : Bien sûr. Cette pièce retrace le parcours de quatre jeunes femmes qui dépassent les assignations sociales pour vivre pleinement qui elles sont. Un jour, elles ont dû dire non aux injonctions de la religion et de la tradition des pays de leurs parents (Iran, Turquie, Cameroun et Maroc). Ces filles de moins de 25 ans font aussi face à la misogynie de la société française et parlent sans tabou des rapports hommes-femmes et de sexualité. Sur scène, elles l’expriment de façon poignante.

Comment avez-vous construit cette pièce ?

J. B. : J’ai recueilli la parole d’une dizaine de jeunes filles issues de l’immigration à Aubervilliers. À partir de ces récits de vie, j’ai travaillé avec la romancière Alice Zeniter et le dramaturge Kévin Keiss pour écrire la pièce. Les quatre filles sur scène font partie des personnes qui ont témoigné. Leurs textes alternent entre leur propre histoire et des éléments fictionnels.

Les quatre jeunes filles ont dû désobéir pour s’émanciper. Pour être libres, les femmes doivent-elles apprendre à dire non ?

J. B. : J’en suis convaincue, les femmes doivent empoigner leur vie, quitte à désobéir. Cela vaut aussi pour les hommes qui aspirent à être libres. L’émancipation passe par la désobéissance.

Dates à retenir : vendredi 8 et samedi 9 mars, à 20h30, à la Maison de la musique.

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* Crédit photo : Axelle de Russé